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Caution locative : montant, encadrement et restitution

Comprendre les règles qui encadrent la caution locative (montant maximal, formalisme, durée, restitution) pour éviter les clauses abusives et récupérer les sommes dues.

Par Emilie D. · Publié le 17 août 2026 · Vérifié juridiquement le -

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Vous avez trouvé l'appartement parfait, mais le propriétaire vous demande une caution. Une personne physique, un organisme, un dépôt de garantie… On mélange souvent tout. Et c'est là que les ennuis commencent. Une caution mal rédigée peut vous engager des années, ou pire, être déclarée nulle. Alors, que dit vraiment la loi ? Quel est le montant maximal ? Comment récupérer les sommes dues ? On fait le point, simplement.

La réponse en 30 secondes

La caution locative est une personne (ou un organisme) qui s'engage à payer le loyer et les charges à votre place si vous ne le faites pas. Elle est encadrée par la loi du 6 juillet 1989. Le montant qu'elle garantit doit être précis et limité dans le temps. Un acte de cautionnement mal rédigé peut être annulé, et une caution qui s'engage sans limite de durée peut se retrouver piégée. Avant de signer, vérifiez toujours : le montant garanti, la durée de l'engagement, et les mentions obligatoires. Si votre bail contient une clause de caution douteuse, faites-le analyser.

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Ce que dit la loi

La caution locative est régie par les articles 22-1 et suivants de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989. Elle se distingue du dépôt de garantie, qui est une somme d'argent versée par le locataire au bailleur. La caution, elle, est un engagement personnel : une personne physique (parent, ami) ou une personne morale (banque, société de cautionnement comme Action Logement) promet de payer les dettes locatives du locataire.

Le formalisme de l'acte de cautionnement

Pour être valable, l'acte de cautionnement doit comporter plusieurs mentions obligatoires, prévues à l'article 22-1 de la loi de 1989. Si l'une d'elles manque, la caution peut être annulée. Ces mentions sont :

À défaut de ces mentions, l'acte de cautionnement est nul. C'est une protection essentielle pour la caution, qui ne doit jamais s'engager à l'aveugle.

Le montant de la caution

La caution peut garantir tout ou partie des sommes dues par le locataire : loyers, charges, réparations locatives, intérêts de retard. Mais le montant doit être déterminé ou déterminable. Une caution qui s'engage « pour toutes les sommes dues » sans précision est trop vague et peut être annulée. La loi exige que l'acte indique le montant du loyer et les conditions de sa révision, pour que la caution sache exactement ce qu'elle garantit.

La durée de l'engagement

C'est le point le plus sensible. La caution peut s'engager :

Attention : si le bail est reconduit tacitement et que la caution n'a pas expressément accepté de couvrir les renouvellements, elle est libérée. C'est une source fréquente de litiges.

La restitution de la caution

La caution n'a pas de « restitution » à proprement parler, puisqu'elle ne verse pas d'argent au départ. En revanche, si elle a payé les dettes du locataire, elle peut se retourner contre lui pour récupérer les sommes versées. C'est le recours subrogatoire. La caution qui a payé dispose aussi d'un recours contre le bailleur si celui-ci a commis une faute (par exemple, s'il n'a pas informé la caution de la défaillance du locataire).

Pourquoi cela peut poser problème

La caution locative est un terrain miné. Voici les situations les plus courantes où ça dérape.

1. La caution qui s'engage sans limite de durée

Imaginez : vous êtes parent, vous vous portez caution pour votre fils étudiant. Le bail est signé pour un an. Trois ans plus tard, votre fils a quitté le logement, mais le propriétaire vous réclame des loyers impayés. Surpris ? Si l'acte de cautionnement ne précisait pas la durée, vous êtes libéré à l'échéance du bail initial. Mais si l'acte mentionnait « pour la durée du bail et ses renouvellements », vous êtes engagé jusqu'à ce que votre fils donne congé. Et ça peut durer des années.

2. La caution qui ne sait pas ce qu'elle garantit

Un acte de cautionnement qui dit « je me porte caution pour toutes les sommes dues par le locataire » est nul. La caution doit savoir exactement ce qu'elle garantit : le loyer, les charges, les réparations locatives, les intérêts de retard. Si le montant n'est pas déterminé ou déterminable, l'acte est annulé. C'est une protection pour la caution, mais aussi un piège pour le bailleur qui croyait être couvert.

3. La caution qui n'est pas informée de la défaillance du locataire

Le bailleur a l'obligation d'informer la caution dès le premier impayé. S'il ne le fait pas, la caution peut être déchargée des intérêts de retard et des pénalités. C'est une obligation souvent ignorée, mais qui peut coûter cher au bailleur.

4. La confusion entre caution et dépôt de garantie

Beaucoup de locataires pensent que la caution est une somme d'argent. Non. La caution est une personne. Le dépôt de garantie, lui, est une somme d'argent versée par le locataire. Les règles sont différentes : le dépôt de garantie est plafonné à un mois de loyer hors charges pour un logement vide, et à deux mois pour un meublé. La caution, elle, n'a pas de plafond légal, mais son montant doit être déterminé.

Exemple concret

Prenons l'exemple de Marie, 24 ans, qui signe son premier bail pour un studio à Lyon. Le propriétaire lui demande une caution. Son père, Jean, accepte de se porter caution. L'acte de cautionnement est rédigé par l'agence immobilière. Jean signe sans trop lire. Le bail est signé pour un an, renouvelable par tacite reconduction.

Deux ans plus tard, Marie perd son emploi et ne paie plus son loyer. Le propriétaire se tourne vers Jean. Jean découvre alors que l'acte de cautionnement qu'il a signé mentionnait « pour la durée du bail et ses renouvellements ». Il est engagé jusqu'à ce que Marie donne congé. Et comme Marie n'a pas donné congé, Jean doit payer les loyers impayés, les charges, et les intérêts de retard.

Si Jean avait lu l'acte attentivement, il aurait pu négocier une durée limitée au bail initial. Il aurait été libéré à l'échéance du bail, et le propriétaire n'aurait pas pu se retourner contre lui.

Les exceptions selon le bail, la date et le lieu

Les règles de la caution locative varient selon plusieurs critères.

Selon le type de bail

Selon la date de signature

Les règles de la caution locative ont été modifiées par la loi ALUR du 24 mars 2014. Pour les baux signés avant cette date, les anciennes règles s'appliquent. Pour les baux signés après, le formalisme est renforcé. Vérifiez toujours la date de signature de votre bail.

Selon le lieu

Les règles de la caution locative sont nationales. Mais certaines zones tendues peuvent avoir des dispositifs spécifiques, comme la garantie Visale, qui est une caution gratuite proposée par Action Logement. Cette garantie couvre les loyers impayés et les dégradations locatives, et elle est accessible sous conditions de ressources.

Checklist : les points à vérifier avant de signer

Actions possibles

Si vous êtes locataire

Si vous êtes caution

Si vous êtes bailleur

Vous avez un doute sur une clause de caution dans votre bail ? Faites-le vérifier : Analyser mon bail

FAQ

Quelle est la différence entre caution et dépôt de garantie ?

La caution est une personne qui s'engage à payer les dettes du locataire. Le dépôt de garantie est une somme d'argent versée par le locataire au bailleur. Les règles sont différentes : le dépôt de garantie est plafonné, la caution ne l'est pas, mais son montant doit être déterminé.

La caution peut-elle être annulée ?

Oui. Si l'acte de cautionnement ne comporte pas les mentions obligatoires de l'article 22-1 de la loi de 1989, il est nul. La caution est alors libérée de son engagement.

La caution est-elle engagée en cas de renouvellement du bail ?

Seulement si l'acte de cautionnement le prévoit expressément. Sinon, la caution est libérée à l'échéance du bail initial, même si le locataire reste dans les lieux.

Le bailleur doit-il informer la caution en cas d'impayé ?

Oui. Le bailleur doit informer la caution dès le premier impayé. S'il ne le fait pas, la caution peut être déchargée des intérêts de retard et des pénalités.

La caution peut-elle récupérer les sommes qu'elle a payées ?

Oui. La caution qui a payé les dettes du locataire dispose d'un recours contre lui pour récupérer les sommes versées. C'est le recours subrogatoire.

Sources

Information juridique

Les informations présentées sur cette page sont fournies à titre informatif et sont fondées sur les textes et sources disponibles au moment de sa publication ou de sa dernière mise à jour. La législation, la réglementation et la jurisprudence peuvent évoluer à tout moment. Les résultats et explications proposés par bail.immo ne constituent pas un conseil juridique et ne remplacent pas l’avis d’un avocat ou d’un autre professionnel du droit compétent.