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Clause interdisant les animaux dans un bail : est-elle valable ?

Une clause de bail qui interdit de détenir un animal de compagnie est, dans l'immense majorité des cas, nulle de plein droit depuis 1970. Ce que dit vraiment la loi, et les deux seules exceptions qui existent.

作者:Emilie D. · 發布於 2026年8月30日

Votre bail comporte une clause qui interdit purement et simplement de détenir un animal dans le logement, et vous vous demandez si vous devez vous en séparer, renoncer à l'adopter, ou si vous pouvez au contraire l'ignorer. La réponse est claire et ancienne : une telle clause n'a, dans l'immense majorité des cas, aucune valeur juridique.

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La réponse en 30 secondes

Depuis 1970, la loi interdit aux bailleurs d'insérer dans un bail d'habitation une clause qui empêche un locataire de détenir un animal de compagnie. Une clause de ce type est « réputée non écrite » : elle est nulle de plein droit, sans qu'il soit nécessaire de saisir un juge pour le faire constater. Il n'existe que deux exceptions : les chiens de 1ère catégorie (chiens dits « d'attaque ») et les locations saisonnières de meublés de tourisme. Déposez votre bail sur bail.immo pour vérifier si une clause de ce type figure dans votre contrat et si elle est bien sans effet.

Ce que dit la loi

Le texte de référence est l'article 10 de la loi n° 70-598 du 9 juillet 1970, qui pose le principe en des termes très directs :

« Sauf dans les contrats de location saisonnière de meublés de tourisme, est réputée non écrite toute stipulation tendant à interdire la détention d'un animal dans un local d'habitation dans la mesure où elle concerne un animal familier. Cette détention est toutefois subordonnée au fait que ledit animal ne cause aucun dégât à l'immeuble ni aucun trouble de jouissance aux occupants de celui-ci. »

Concrètement : un bailleur ne peut pas écrire dans le bail « la détention d'animaux est interdite dans le logement » et s'attendre à ce que cette clause produise un quelconque effet. Si elle y figure malgré tout, elle est simplement ignorée, comme si elle n'avait jamais été rédigée — le reste du bail, lui, continue de s'appliquer normalement. Cette règle vaut aussi bien pour un locataire d'un logement vide que pour un locataire en meublé classique, et s'applique également au copropriétaire occupant confronté à une interdiction inscrite dans le règlement de copropriété.

Le même article prévoit une seconde phrase, moins connue : « Est licite la stipulation tendant à interdire la détention d'un chien appartenant à la première catégorie mentionnée à l'article L. 211-12 du code rural et de la pêche maritime. » C'est la seule catégorie d'animaux qu'un bailleur peut valablement exclure par une clause du bail.

Pourquoi cela peut poser problème

Dans la pratique, ces clauses continuent d'être largement utilisées, souvent recopiées d'un modèle de bail ancien ou trouvé en ligne, sans que le bailleur sache lui-même qu'elle est sans valeur. Le risque, côté locataire, est de s'autocensurer : renoncer à adopter un animal, ou pire, s'en séparer, sur la seule foi d'une clause illégale que personne n'a jamais remise en cause.

Le second risque va dans l'autre sens. La loi protège la détention de l'animal, pas les nuisances qu'il peut causer. Un bailleur ne peut pas invoquer une clause d'interdiction pour agir, mais il peut parfaitement engager une action si l'animal cause des dégradations dans le logement (griffures, odeurs, dégâts sur les revêtements) ou un trouble de jouissance avéré pour le voisinage (aboiements répétés, agressivité, salubrité). Ce n'est alors pas la détention de l'animal en tant que telle qui est fautive, mais le manquement à l'obligation d'user paisiblement des locaux, prévue à l'article 7 de la loi du 6 juillet 1989 — une clause spécifique « anti-animaux » n'est même pas nécessaire pour agir sur ce terrain.

Un exemple concret

Un locataire s'installe dans un appartement dont le bail comporte la mention : « toute détention d'animal, même temporaire, est strictement interdite dans les lieux loués ». Six mois plus tard, il adopte un chat. Le bailleur, à l'occasion d'une visite, découvre l'animal et menace de résiliation pour non-respect du bail. La clause invoquée est pourtant réputée non écrite depuis la signature du bail : le locataire n'a commis aucun manquement contractuel du simple fait de détenir un chat qui ne cause ni dégât ni trouble de voisinage. Il peut répondre par écrit en citant l'article 10 de la loi de 1970 ; aucune mise en demeure fondée sur cette seule clause ne peut aboutir.

Exceptions et cas limites

Checklist pour réagir face à une clause anti-animaux

  1. Relisez votre bail : si une clause interdit la détention d'un animal, elle est très probablement réputée non écrite — inutile de demander l'accord du bailleur pour l'ignorer.
  2. Vérifiez que votre situation ne relève pas des deux exceptions légales (chien de 1ère catégorie, location saisonnière de meublé de tourisme).
  3. Veillez à ce que votre animal ne cause ni dégât au logement ni trouble de voisinage : c'est la seule condition réellement opposable.
  4. En cas de contestation du bailleur, répondez par écrit en citant l'article 10 de la loi n° 70-598 du 9 juillet 1970.
  5. Conservez une trace écrite de tout échange sur le sujet, utile en cas de désaccord persistant.

Actions possibles

Si votre bailleur menace de résiliation ou refuse un renouvellement au seul motif que vous détenez un animal, un rappel écrit de l'article 10 de la loi de 1970 suffit en général à mettre fin au différend. En cas de blocage, la commission départementale de conciliation ou le tribunal judiciaire peuvent être saisis, mais l'issue est en pratique très prévisible tant qu'aucun dégât ni trouble de voisinage n'est démontré. Analysez votre bail sur bail.immo pour repérer ce type de clause et connaître sa valeur réelle avant d'en discuter avec votre bailleur.

FAQ

Mon bailleur peut-il refuser de renouveler mon bail parce que j'ai un animal ? Non, la détention d'un animal familier qui ne cause ni dégât ni trouble de voisinage ne constitue pas un motif légitime de non-renouvellement ou de résiliation.

Dois-je informer mon bailleur avant d'adopter un animal ? Ce n'est pas une obligation légale. Le prévenir reste une question de courtoisie, notamment pour anticiper d'éventuelles questions liées à l'assurance habitation ou à l'état des lieux.

Une clause qui limite la taille ou le nombre d'animaux est-elle valable ? Non : dès lors qu'elle « tend à interdire » la détention d'un animal familier, même partiellement (au-delà d'un certain nombre, d'une certaine taille), elle relève du même principe et est réputée non écrite, sous réserve de l'absence de dégât ou de trouble de jouissance.

Que se passe-t-il si mon animal abîme le logement ? La clause d'interdiction reste sans effet, mais le bailleur peut demander réparation des dégâts causés par l'animal au même titre que tout autre dommage locatif, sur le fondement du droit commun de la responsabilité du locataire.

Sources

Information juridique

Les informations présentées sur cette page sont fournies à titre informatif et sont fondées sur les textes et sources disponibles au moment de sa publication ou de sa dernière mise à jour. La législation, la réglementation et la jurisprudence peuvent évoluer à tout moment. Les résultats et explications proposés par bail.immo ne constituent pas un conseil juridique et ne remplacent pas l'avis d'un avocat ou d'un autre professionnel du droit compétent.

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