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Travaux dans un logement loué : qui paie quoi entre bailleur et locataire ?

Réparations locatives, grosses réparations, vétusté, entretien courant : méthode concrète pour déterminer qui paie quoi dans un logement loué, avec checklist et exceptions selon le bail.

Par Robert S. · Publié le 22 août 2026 · Vérifié juridiquement le -

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Un robinet qui fuit, une chaudière qui lâche en plein hiver, des peintures défraîchies après huit ans d'occupation. La question revient sans cesse : qui paie ? Le réflexe est souvent de se renvoyer la balle, mais la loi pose des principes assez clairs. Encore faut-il savoir les appliquer au bon cas. Ce guide vous donne une méthode pour qualifier chaque situation, sans vous perdre dans les cas particuliers.

La réponse en 30 secondes

Le locataire paie l'entretien courant et les menues réparations, listées par le décret n°87-712 du 26 août 1987. Le bailleur paie tout le reste : grosses réparations, vétusté, force majeure, défauts de construction. La vétusté n'est jamais à la charge du locataire. En cas de doute, regardez d'abord si l'usure est normale ou anormale, puis si la réparation figure dans la liste du décret.

Si votre bail contient une clause qui met à votre charge des réparations normalement dues par l'autre partie, elle peut être abusive. Avant de payer ou d'exiger un paiement, vérifiez votre contrat.

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Ce que dit la loi

La répartition repose sur trois textes principaux :

La logique est simple : le locataire entretient ce qu'il utilise au quotidien. Le bailleur assume ce qui relève de la structure, de la sécurité ou de l'usure normale du temps.

Ce que paie le locataire

Le décret de 1987 liste notamment :

Ces réparations sont dues parce qu'elles résultent de l'usage normal du logement. Le locataire les assume pendant toute la durée du bail.

Ce que paie le bailleur

Tout ce qui n'est pas locatif, c'est-à-dire :

Le bailleur ne peut pas se décharger de ces obligations sur le locataire, même par une clause du bail.

Pourquoi cela peut poser problème

La frontière entre entretien courant et grosse réparation paraît nette sur le papier. En pratique, trois situations créent des litiges.

La vétusté déguisée en réparation locative. Un propriétaire demande au locataire de remplacer un robinet qui fuit. Mais si le robinet a vingt ans et que le mécanisme est usé par le temps, c'est de la vétusté. Le locataire ne doit rien. Le bailleur confond souvent usure normale et négligence.

L'usure anormale. À l'inverse, un locataire qui a laissé l'humidité s'installer sans aérer, ou qui a percé des trous énormes dans les murs, a causé une dégradation. Il doit réparer, même si l'élément était ancien. La question n'est plus la vétusté mais la faute d'usage.

Les clauses du bail. Certains contrats contiennent des clauses qui transfèrent au locataire des réparations normalement dues par le bailleur. Par exemple : « le locataire prendra en charge le remplacement de la chaudière ». Ce type de clause est réputé non écrite dans les baux d'habitation soumis à la loi du 6 juillet 1989.

Exemple concret

Prenons une chaudière qui tombe en panne en janvier.

Autre cas fréquent : les peintures. Un locataire qui rend un logement après six ans avec des murs jaunis par le temps ne doit pas repeindre. C'est de l'usure normale. En revanche, s'il a fait des traces noires en posant des meubles sans protection, ou des trous non rebouchés, il doit remettre en état.

Exceptions selon le bail et la date

Les règles varient selon le type de location.

Bail d'habitation vide ou meublé (loi du 6 juillet 1989). Le décret de 1987 s'applique pleinement. Les clauses qui transfèrent les grosses réparations au locataire sont réputées non écrites. Le locataire bénéficie de la protection maximale.

Bail mobilité. Même logique que le meublé classique, avec une durée courte. Le locataire reste tenu de l'entretien courant, mais la vétusté ne peut pas lui être imputée, même sur une courte période.

Location saisonnière ou bail civil (résidence secondaire). Le décret de 1987 ne s'applique pas automatiquement. La répartition dépend du contrat. Les clauses sont plus libres, mais restent encadrées par le droit commun : le bailleur doit délivrer un logement en bon état, et le locataire répond des dégradations qu'il cause.

Logement social (HLM). La liste des charges récupérables peut être complétée par un accord collectif. Les réparations locatives restent celles du décret, mais certains organismes prévoient des règles internes plus précises.

Baux signés avant le 27 août 1987. Le décret actuel ne s'applique pas aux baux en cours à cette date, sauf renouvellement. Les anciennes listes départementales ou les usages locaux peuvent encore jouer. Cas rare, mais à vérifier si le bail est très ancien.

Checklist : qui paie quoi ?

Avant de trancher, posez-vous ces questions dans l'ordre :

  1. La réparation figure-t-elle dans la liste du décret de 1987 ? Si oui, c'est a priori locatif. Si non, c'est a priori au bailleur.
  2. L'usure est-elle normale ou anormale ? Une usure normale (vétusté) est toujours au bailleur, même pour un élément listé dans le décret. Une usure anormale (négligence, mauvaise utilisation) est au locataire, même pour un élément non listé.
  3. Y a-t-il un vice de construction, une malfaçon, un cas fortuit ? Si oui, c'est au bailleur, quelle que soit la nature de la réparation.
  4. Le bail contient-il une clause spécifique ? Vérifiez si elle est licite. Dans un bail d'habitation, toute clause qui transfère une grosse réparation au locataire est réputée non écrite.
  5. Quel est l'âge de l'élément ? Plus l'équipement est ancien, plus la vétusté est probable. Une grille de vétusté peut aider, mais elle n'a pas de valeur légale obligatoire.

Actions possibles

Pour le locataire qui conteste une réparation :

Pour le bailleur qui veut faire payer le locataire :

Avant d'engager un bras de fer, vérifiez ce que dit exactement votre bail. Une clause mal rédigée peut vous donner raison ou tort plus vite qu'un long échange de courriers.

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FAQ

Le locataire doit-il payer le remplacement d'une chaudière en panne ? Non, sauf si la panne résulte d'un défaut d'entretien de sa part. Le remplacement d'un équipement vétuste est une grosse réparation à la charge du bailleur.

Qui paie le ramonage de la cheminée ? Le locataire. Le ramonage figure dans la liste des réparations locatives du décret de 1987. Il doit être fait chaque année, et le certificat remis au bailleur.

Le locataire doit-il repeindre les murs en partant ? Non, si les murs sont simplement défraîchis par le temps. Oui, s'il a causé des dégradations anormales : trous non rebouchés, traces de meubles, taches importantes.

Une clause du bail peut-elle mettre les grosses réparations à la charge du locataire ? Non, dans un bail d'habitation soumis à la loi du 6 juillet 1989. Une telle clause est réputée non écrite.

Qui paie le remplacement d'un ballon d'eau chaude ? Le bailleur, sauf si la panne est due à un défaut d'entretien imputable au locataire. Le ballon d'eau chaude n'est pas listé dans les réparations locatives.

Le locataire peut-il faire les travaux lui-même et déduire le coût du loyer ? Non, sauf accord écrit du bailleur. L'exception d'inexécution n'est pas admise en matière de loyer. Il faut d'abord mettre en demeure le bailleur, puis éventuellement saisir le juge.

Sources

Information juridique

Les informations présentées sur cette page sont fournies à titre informatif et sont fondées sur les textes et sources disponibles au moment de sa publication ou de sa dernière mise à jour. La législation, la réglementation et la jurisprudence peuvent évoluer à tout moment. Les résultats et explications proposés par bail.immo ne constituent pas un conseil juridique et ne remplacent pas l’avis d’un avocat ou d’un autre professionnel du droit compétent.