Le 1er janvier 2026, le diagnostic de performance énergétique (DPE) a changé de logique pour des centaines de milliers de logements chauffés à l'électricité. Pas de travaux, pas de nouvelle chaudière, pas de double vitrage posé en urgence. Juste un coefficient qui passe de 2,3 à 1,9. Et derrière ce chiffre, une conséquence très concrète : des logements classés F ou G, donc interdits à la location, peuvent basculer en E, voire en D, du jour au lendemain.
Si vous êtes propriétaire d'un appartement tout électrique, ou locataire d'un logement dont le DPE traîne en bas de l'échelle, cette réforme vous concerne directement. Elle peut changer la valeur locative du bien, sa légalité à la mise en location, et même la stratégie de travaux que vous aviez prévue.
La réponse en 30 secondes
Le coefficient de conversion de l'électricité dans le calcul du DPE est abaissé de 2,3 à 1,9 à partir du 1er janvier 2026. Concrètement, un logement chauffé à l'électricité consomme désormais moins d'énergie primaire sur le papier, ce qui améliore mécaniquement sa note. Les DPE édités avant cette date restent valables, mais vous pouvez demander une mise à jour gratuite, sans nouvelle visite, sur le site de l'Observatoire DPE-Audit de l'Ademe. Pour un bail en cours, le DPE affiché dans le contrat reste celui qui a été fourni à la signature. Mais si votre logement sort de la catégorie des passoires thermiques, cela peut rouvrir des possibilités de location ou de renouvellement de bail.
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Ce que dit la loi
L'arrêté du 13 août 2025, publié au Journal officiel le 26 août 2025, modifie l'annexe 3 de l'arrêté du 31 mars 2021 relatif au DPE. Il remplace le facteur de conversion de l'énergie finale en énergie primaire pour l'électricité, qui passe de 2,3 à 1,9. Cette valeur s'aligne sur le coefficient européen.
Pour comprendre ce que ça change, il faut saisir la logique du DPE. Le diagnostic mesure la consommation d'énergie primaire du logement, pas seulement l'énergie que vous payez sur votre facture. Pour l'électricité, on appliquait jusqu'ici un coefficient de 2,3 : chaque kWh consommé comptait pour 2,3 kWh d'énergie primaire, au motif qu'il fallait produire et transporter cette électricité. Le gaz et le bois, eux, ont un coefficient de 1.
Avec le nouveau coefficient de 1,9, l'écart se réduit. Un logement tout électrique voit sa consommation d'énergie primaire calculée baisser d'environ 17 % à consommation réelle identique. C'est suffisant pour faire franchir une classe énergétique à de nombreux logements, notamment ceux qui étaient à la frontière entre E et F, ou F et G.
Le service public estime que cette mesure pourrait concerner environ 850 000 logements. Pas une anecdote statistique : un vrai basculement de statut pour une partie du parc locatif.
Pourquoi cela peut poser problème
Le DPE n'est pas qu'un document informatif. Depuis la loi Climat et Résilience, il conditionne la possibilité même de louer. Les logements classés G sont interdits à la location depuis le 1er janvier 2025. Les logements F le seront à partir du 1er janvier 2028. Les logements E suivront en 2034.
Or, beaucoup de propriétaires ont reçu un DPE défavorable ces dernières années, souvent à cause du coefficient de 2,3 qui pénalisait l'électricité. Certains ont engagé des travaux coûteux, d'autres ont retiré leur bien du marché locatif, d'autres encore ont signé des baux avec des clauses prévoyant des travaux à la charge du locataire ou des augmentations de loyer conditionnées à une amélioration du DPE.
Le changement de coefficient rebat les cartes. Un logement classé G en 2024 peut se retrouver classé F, voire E, en 2026, sans qu'aucun travaux n'ait été réalisé. Pour le propriétaire, c'est une bonne nouvelle : le bien redevient louable, ou le restera plus longtemps. Pour le locataire, c'est plus ambigu. Un DPE qui s'améliore sur le papier ne change pas la réalité des murs, de l'isolation, ni des factures d'électricité. Et si le bail contient une clause liant le loyer ou des travaux au classement énergétique, le nouveau DPE peut modifier l'équilibre contractuel.
Prenons un exemple concret. Un propriétaire a signé en 2024 un bail pour un appartement de 45 m² chauffé aux radiateurs électriques, classé G. Le bail mentionne le DPE G, comme l'exige la loi. Le propriétaire prévoit des travaux d'isolation pour sortir du statut de passoire avant l'échéance d'interdiction. En janvier 2026, il demande la mise à jour gratuite de son DPE : le logement passe en F, puis en E après une légère amélioration. Les travaux prévus deviennent partiellement inutiles. Mais le locataire, lui, continue de payer des factures d'électricité élevées. Le DPE s'est amélioré sur le papier, pas dans le quotidien.
Autre cas : un bail signé en 2025 avec un DPE G. Le logement est théoriquement interdit à la location depuis le 1er janvier 2025, mais le bail a été conclu avant la mise à jour du DPE. Si le nouveau DPE classe le logement F, le bail redevient-il rétroactivement valide ? La réponse n'est pas simple. Le DPE fourni à la signature reste celui qui figure au contrat. Mais le propriétaire peut produire un nouveau DPE pour les démarches ultérieures, comme un renouvellement de bail ou une mise en location à un nouveau locataire.
Les exceptions à connaître
Tous les logements ne sont pas concernés de la même manière.
Les DPE déjà réalisés restent valables. Un DPE édité avant le 1er janvier 2026 avec l'ancien coefficient de 2,3 conserve sa validité pendant 10 ans. Vous n'êtes pas obligé de le refaire. La mise à jour est une option, pas une obligation.
La mise à jour gratuite n'est possible que si le nouveau calcul améliore le classement. Si votre logement reste dans la même classe, ou si le nouveau coefficient dégrade la note (cas rare mais possible pour certains usages mixtes), la mise à jour n'a pas d'intérêt immédiat.
Les logements chauffés au gaz ou au bois ne sont pas concernés. Le coefficient de 1 pour ces énergies ne change pas. Seuls les logements dont le chauffage principal est électrique, ou qui utilisent une pompe à chaleur, voient leur calcul modifié.
Les DPE réalisés pour la vente suivent les mêmes règles. Le nouveau coefficient s'applique aux DPE édités à compter du 1er janvier 2026, qu'il s'agisse d'une location ou d'une vente.
Les baux en cours ne sont pas automatiquement modifiés. Le DPE mentionné dans le bail reste celui qui a été fourni à la signature. Aucune disposition légale n'impose au propriétaire de fournir un nouveau DPE en cours de bail, sauf si le bail est renouvelé ou si un nouveau locataire entre dans les lieux.
Checklist : que faire après le 1er janvier 2026
- Vérifiez la date d'édition de votre DPE. S'il date d'avant le 1er janvier 2026, il utilise l'ancien coefficient.
- Identifiez le mode de chauffage principal du logement. Électrique, pompe à chaleur, gaz, bois ?
- Si le logement est chauffé à l'électricité et classé F ou G, demandez la mise à jour gratuite sur le site de l'Observatoire DPE-Audit de l'Ademe.
- Comparez l'ancien et le nouveau classement. Si le logement sort de la catégorie des passoires, conservez une copie du nouveau DPE.
- Si vous êtes propriétaire et que le logement redevient louable, vérifiez les conditions de mise en location : DPE à jour, mention dans le bail, information du locataire.
- Si vous êtes locataire et que le DPE de votre logement s'améliore, ne vous attendez pas à une baisse de charges. Le nouveau coefficient ne change pas votre consommation réelle.
- Si votre bail contient une clause liée au DPE (travaux, loyer, résiliation), relisez-la à la lumière du nouveau classement. Une clause qui conditionne une obligation à un classement F ou G peut devenir sans objet.
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Actions possibles
Pour le propriétaire :
- Demandez la mise à jour gratuite du DPE si votre logement est chauffé à l'électricité et classé F ou G. C'est rapide, sans visite, et ça peut changer le statut locatif du bien.
- Si le logement sort de la catégorie des passoires, vous pouvez le remettre en location ou prolonger un bail existant sans engager de travaux immédiats.
- Conservez le nouveau DPE dans le dossier du logement. Il sera exigé pour toute nouvelle mise en location ou renouvellement de bail.
- Si vous aviez prévu des travaux pour sortir du statut de passoire, réévaluez leur urgence. Le nouveau coefficient peut vous donner du temps, mais ne dispense pas d'améliorer l'isolation à terme.
Pour le locataire :
- Vérifiez le DPE mentionné dans votre bail. S'il est classé F ou G et que le logement est chauffé à l'électricité, le nouveau coefficient peut améliorer le classement.
- Ne confondez pas classement énergétique et confort réel. Un DPE qui passe de G à E ne change pas la température des murs en hiver.
- Si votre propriétaire vous propose un avenant au bail lié au nouveau DPE, lisez-le attentivement. Une amélioration du classement ne justifie pas automatiquement une augmentation de loyer.
- Si vous cherchez un nouveau logement, demandez le DPE à jour. Un logement classé E ou F avec le nouveau coefficient peut être plus intéressant qu'un logement classé D avec l'ancien.
FAQ
Mon DPE date de 2024 et classe mon logement G. Dois-je le refaire ? Non. Votre DPE reste valable 10 ans. Mais vous pouvez demander une mise à jour gratuite si le logement est chauffé à l'électricité et que le nouveau coefficient améliore le classement.
La mise à jour gratuite est-elle automatique ? Non. Vous devez en faire la demande sur le site de l'Observatoire DPE-Audit de l'Ademe. Aucune nouvelle visite du diagnostiqueur n'est nécessaire.
Le nouveau coefficient s'applique-t-il aux DPE réalisés avant le 1er janvier 2026 ? Non. Les DPE édités avant cette date conservent l'ancien coefficient de 2,3. Seuls les DPE édités à compter du 1er janvier 2026 intègrent le coefficient de 1,9.
Mon logement est chauffé au gaz. Suis-je concerné ? Non. Le coefficient de conversion du gaz reste à 1. La réforme ne concerne que l'électricité.
Le nouveau DPE peut-il modifier mon bail en cours ? Non. Le DPE mentionné dans le bail reste celui fourni à la signature. Le propriétaire n'est pas tenu de fournir un nouveau DPE en cours de bail, sauf en cas de renouvellement ou de nouvelle mise en location.
Un logement classé G avec l'ancien coefficient peut-il être loué après le 1er janvier 2026 ? Si le nouveau DPE classe le logement F ou mieux, le propriétaire peut produire ce nouveau DPE pour justifier la mise en location. Mais le bail signé avec l'ancien DPE G reste soumis aux règles applicables à la date de signature.
Sources
- Dépôt de garantie dans un bail d'habitation
- Préavis et formalités du congé donné par le locataire (bail d’habitation)
- Charges à payer par le locataire (charges locatives ou charges récupérables)
- État des lieux d'entrée dans un bail d'habitation
- Logement
- Bail location vide : montant et durée du contrat bail de location - ANIL
- Calcul du DPE : les nouveautés - Service Public
- Arrêté du 13 août 2025 modifiant le facteur de conversion de l'énergie finale en énergie primaire de l'électricité relatif au diagnostic de performance énergétique - Légifrance
- Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs - Légifrance
- Rédaction du bail d'habitation (contrat de location) - Service Public
Information juridique
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