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Bail et décès du locataire : que devient le contrat, le dépôt de garantie et les meubles ?

Le locataire est décédé : le bail continue-t-il, qui doit payer les loyers, comment récupérer le dépôt de garantie et que faire des meubles ? Le point complet sur l'article 14 de la loi du 6 juillet 1989, avec les démarches à suivre pour les proches et le bailleur.

Par Robert S. · Publié le 28 août 2026

Le décès d'un locataire est un moment difficile pour les proches, et une source d'incertitudes pour le bailleur. Le bail continue-t-il ? Qui paie les loyers jusqu'à la remise des clés ? Le dépôt de garantie est-il perdu ? Et que deviennent les meubles laissés dans le logement ?

Ces questions sont encadrées par l'article 14 de la loi du 6 juillet 1989. Les règles sont précises, mais souvent mal connues. Résultat : des loyers qui continuent de courir, des dépôts de garantie bloqués, des héritiers qui découvrent tardivement leurs obligations. Voici ce qu'il faut savoir, étape par étape.

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La réponse en 30 secondes

Le décès du locataire ne met pas fin au bail automatiquement. Le contrat est transféré au conjoint, au partenaire de Pacs, au concubin notoire, aux descendants, ascendants ou personnes à charge qui vivaient avec le locataire depuis au moins un an à la date du décès. Si personne ne remplit ces conditions, le bail est résilié de plein droit.

Les héritiers qui ne reprennent pas le bail doivent restituer le logement et payer les loyers jusqu'à la fin du préavis. Le dépôt de garantie est restitué aux héritiers, déduction faite des sommes dues au bailleur. Les meubles appartiennent à la succession et doivent être traités dans le cadre du règlement successoral.

Vous êtes bailleur ou proche d'un locataire décédé ? Avant toute démarche, vérifiez les clauses du bail et la situation des occupants. Une analyse rapide du contrat peut éviter des erreurs coûteuses.

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Ce que dit la loi

L'article 14 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 organise le sort du bail en cas de décès du locataire. Le principe est simple : le bail ne disparaît pas avec le locataire. Il est transféré, sous conditions, à certaines personnes proches.

Le transfert du bail aux proches

Le bail est transféré de plein droit, sans formalité particulière, aux personnes suivantes :

Attention : pour les descendants, ascendants et personnes à charge, une condition supplémentaire s'applique. Ils doivent avoir vécu avec le locataire depuis au moins un an à la date du décès. Cette condition n'est pas exigée pour le conjoint, le partenaire de Pacs ou le concubin notoire.

Le transfert est automatique. Aucun accord du bailleur n'est nécessaire. Le bailleur ne peut pas s'y opposer, même s'il aurait préféré récupérer le logement.

La résiliation de plein droit

Si aucune personne remplissant les conditions ci-dessus ne souhaite ou ne peut reprendre le bail, celui-ci est résilié de plein droit. La résiliation prend effet à la date du décès du locataire.

Dans ce cas, les héritiers doivent restituer le logement au bailleur. Ils sont tenus de payer les loyers et charges jusqu'à la restitution effective des clés, dans la limite des règles applicables au préavis.

Le sort du dépôt de garantie

Le dépôt de garantie n'est pas perdu. Il fait partie de la succession du locataire décédé. Le bailleur doit le restituer aux héritiers, selon les règles habituelles de l'article 22 de la loi du 6 juillet 1989.

Le bailleur peut déduire du dépôt de garantie :

Le délai de restitution dépend du type de location : un mois si l'état des lieux de sortie est conforme à l'état des lieux d'entrée, deux mois dans les autres cas. Ce délai court à compter de la restitution des clés par les héritiers ou le bénéficiaire du transfert.

Les meubles et objets personnels

Les meubles et objets personnels du locataire décédé font partie de sa succession. Ils ne deviennent pas la propriété du bailleur, même s'ils restent dans le logement.

Les héritiers doivent les récupérer dans le cadre du règlement de la succession. S'ils tardent, le bailleur ne peut pas les jeter ou les vendre de sa propre initiative. Il doit engager une procédure spécifique, généralement en sollicitant l'intervention d'un commissaire de justice ou d'un notaire.

Pourquoi cela peut poser problème

Le décès d'un locataire crée souvent un flou qui coûte cher, des deux côtés.

Pour le bailleur, le risque principal est de laisser traîner la situation. Tant que les clés ne sont pas restituées, le logement est occupé ou réputé l'être. Les loyers continuent de courir, mais personne ne les paie. Le bailleur peut se retrouver avec des impayés importants et un logement bloqué pendant des mois, surtout si les héritiers tardent à se manifester.

Pour les proches, le risque est de découvrir tardivement qu'ils sont tenus des loyers. Un héritier qui ne vivait pas avec le locataire n'a pas droit au transfert du bail, mais il peut être tenu des dettes locatives dans le cadre de la succession, s'il accepte celle-ci. Beaucoup de proches ignorent qu'ils doivent donner congé ou restituer les clés rapidement pour arrêter le compteur des loyers.

Pour le conjoint ou le concubin, le transfert du bail est une protection, mais aussi une charge. Il devient titulaire du bail avec toutes les obligations qui en découlent : paiement du loyer, entretien du logement, respect du contrat. S'il ne souhaite pas rester, il doit donner congé dans les formes.

Exemple concret

Madame L. loue un appartement depuis 2018. Elle décède en mars 2026. Son fils, qui vit à 300 km, ne vivait pas avec elle. Son compagnon, avec qui elle vivait depuis deux ans, occupait le logement avec elle.

Le bail est transféré au compagnon, concubin notoire, sans condition de durée minimale de vie commune. Le fils, qui n'habitait pas avec sa mère, n'a aucun droit au transfert du bail. Il est héritier, mais pas titulaire du bail.

Le compagnon décide de rester. Il devient locataire en titre, avec les mêmes droits et obligations que Madame L. Le bailleur ne peut pas s'y opposer. Le dépôt de garantie reste acquis au bail, et sera restitué en fin de bail selon les règles habituelles.

Si le compagnon avait souhaité partir, il aurait dû donner congé avec un préavis d'un mois, le bail étant situé en zone tendue. Les loyers auraient été dus jusqu'à la fin du préavis, sauf relocation anticipée.

Les exceptions et cas particuliers

Le bail mobilité

Le bail mobilité, régi par l'article 25-12 de la loi du 6 juillet 1989, est un contrat de courte durée destiné aux personnes en mobilité professionnelle ou en études. En cas de décès du locataire, les règles de l'article 14 ne s'appliquent pas de la même manière. Le bail mobilité est strictement personnel : il ne peut pas être transféré aux proches. Le décès du locataire met fin au bail, et les héritiers doivent restituer le logement.

Le bail étudiant

Un bail étudiant est généralement un bail d'habitation classique, soumis aux règles de l'article 14. Si l'étudiant décède, le bail peut être transféré à un proche qui vivait avec lui depuis au moins un an. À défaut, il est résilié de plein droit.

La colocation

En colocation avec bail unique, le décès d'un colocataire ne met pas fin au bail des autres colocataires. Le bail se poursuit avec les colocataires survivants. La part du loyer du colocataire décédé est répartie entre les colocataires restants, sauf clause de solidarité qui peut engager les héritiers dans certaines limites.

En colocation avec baux individuels, le décès d'un colocataire entraîne la résiliation de son seul bail, selon les règles de l'article 14. Les autres baux se poursuivent normalement.

Le logement de fonction

Si le logement est lié à un contrat de travail, le décès du salarié met fin au contrat de travail et, par voie de conséquence, au logement de fonction. Les règles de l'article 14 ne s'appliquent pas. Les proches doivent quitter les lieux selon les modalités prévues par l'employeur.

Checklist : les démarches à effectuer

Si vous êtes un proche du locataire décédé

Si vous êtes bailleur

Les actions possibles en cas de blocage

Le bailleur face à des héritiers absents

Si les héritiers ne se manifestent pas, le bailleur ne peut pas reprendre le logement de force. Il doit d'abord les identifier, ce qui peut passer par un notaire ou une recherche généalogique. Une fois les héritiers identifiés, le bailleur peut leur adresser une mise en demeure de restituer les clés et de payer les loyers dus.

Si les héritiers refusent ou ne répondent pas, le bailleur peut saisir le juge des contentieux de la protection pour obtenir la résiliation du bail et l'expulsion. Cette procédure est longue, mais elle est la seule voie légale pour récupérer le logement.

Les héritiers face à un bailleur qui bloque le dépôt de garantie

Le bailleur doit restituer le dépôt de garantie dans les délais légaux. S'il ne le fait pas, les héritiers peuvent le mettre en demeure. À défaut de restitution dans les deux mois suivant la mise en demeure, le bailleur est redevable d'une pénalité égale à 10 % du loyer mensuel par mois de retard, en application de l'article 22 de la loi du 6 juillet 1989.

Avant d'engager un litige, vérifiez les clauses du bail et le décompte du bailleur. Une analyse du contrat peut révéler des retenues injustifiées ou des clauses abusives.

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FAQ

Le bail continue-t-il après le décès du locataire ?

Oui, si une personne remplissant les conditions de l'article 14 de la loi du 6 juillet 1989 vivait avec le locataire. Le bail est transféré de plein droit à cette personne. Sinon, le bail est résilié de plein droit à la date du décès.

Qui doit payer les loyers après le décès ?

Si le bail est transféré, le nouveau titulaire paie les loyers. Si le bail est résilié, les héritiers doivent payer les loyers jusqu'à la restitution des clés, dans la limite du préavis applicable.

Le dépôt de garantie est-il restitué aux héritiers ?

Oui. Le dépôt de garantie fait partie de la succession. Le bailleur doit le restituer aux héritiers, déduction faite des sommes justifiées (loyers impayés, dégradations, charges).

Le bailleur peut-il garder les meubles du locataire décédé ?

Non. Les meubles appartiennent à la succession. Le bailleur ne peut pas les conserver, les vendre ou les jeter sans l'accord des héritiers ou une décision de justice.

Le concubin a-t-il droit au transfert du bail ?

Oui, s'il s'agit d'un concubinage notoire, c'est-à-dire une vie maritale stable et continue. Aucune durée minimale de vie commune n'est exigée pour le concubin, contrairement aux descendants et ascendants.

Que se passe-t-il en cas de bail mobilité ?

Le bail mobilité est strictement personnel. Il ne peut pas être transféré aux proches. Le décès du locataire met fin au bail, et les héritiers doivent restituer le logement.

Sources

Information juridique

Les informations présentées sur cette page sont fournies à titre informatif et sont fondées sur les textes et sources disponibles au moment de sa publication ou de sa dernière mise à jour. La législation, la réglementation et la jurisprudence peuvent évoluer à tout moment. Les résultats et explications proposés par bail.immo ne constituent pas un conseil juridique et ne remplacent pas l’avis d’un avocat ou d’un autre professionnel du droit compétent.