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Logement en copropriété loué : qui paie les charges de copropriété récupérables ?

Charges de copropriété en location : quelles dépenses le bailleur peut-il récupérer sur le locataire, comment sont-elles provisionnées et régularisées, et comment contester un décompte ? Le point complet avec checklist et exceptions.

Par Robert S. · Publié le 25 août 2026

Quand on loue un appartement dans une copropriété, la question des charges revient chaque année comme un boomerang. Le bailleur reçoit l’appel de fonds du syndic, le locataire paie une provision chaque mois, et au moment de la régularisation, personne ne sait plus très bien qui doit quoi. Entre les frais de syndic, le fonds de travaux, l’ascenseur ou le gardien, la frontière entre ce qui est récupérable sur le locataire et ce qui reste à la charge du propriétaire est souvent floue. Et c’est là que les litiges naissent.

Ce guide fait le tri. Vous allez voir précisément quelles charges de copropriété peuvent être récupérées sur le locataire, comment fonctionne le mécanisme des provisions et de la régularisation annuelle, et quels justificatifs le bailleur doit fournir. Vous trouverez aussi une checklist actionnable et les recours possibles si le décompte vous paraît gonflé.

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La réponse en 30 secondes

Le locataire paie uniquement les charges de copropriété qui correspondent à des dépenses récupérables, c’est-à-dire celles listées par le décret n°87-713 du 26 août 1987. Concrètement : l’entretien courant des parties communes, l’eau froide, l’ascenseur, le chauffage collectif, le gardien dans une certaine limite. Tout le reste — frais de syndic, gros travaux, fonds de travaux, honoraires de gestion — reste à la charge du bailleur. Le locataire verse des provisions mensuelles, puis le bailleur régularise une fois par an en produisant les justificatifs. Sans justificatif, pas de paiement.

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Ce que dit la loi

La loi du 6 juillet 1989 pose le principe : le locataire supporte les charges récupérables, le bailleur supporte tout le reste. L’article 23 renvoie au décret n°87-713 du 26 août 1987, qui fixe la liste limitative des charges récupérables. Ce décret distingue plusieurs catégories, et c’est là que la copropriété entre en jeu.

Pour un logement en copropriété, les charges récupérables sont celles qui correspondent :

À l’inverse, ne sont jamais récupérables sur le locataire :

Le bail peut prévoir une clause de répartition des charges, mais elle ne peut pas élargir la liste du décret. Toute clause qui mettrait à la charge du locataire des dépenses non récupérables est réputée non écrite.

Pourquoi cela peut poser problème

Le vrai problème, c’est l’opacité. Le bailleur reçoit un relevé de charges du syndic avec des dizaines de lignes, et il doit faire le tri entre ce qui est récupérable et ce qui ne l’est pas. Beaucoup ne le font pas, ou mal. Résultat : des locataires paient des frais de syndic ou une quote-part du fonds de travaux sans le savoir.

Autre difficulté : le décalage entre l’année civile de la copropriété et la période d’occupation du locataire. Si le locataire entre dans les lieux en mars, il ne doit payer que les charges correspondant à sa période d’occupation. Le bailleur doit donc calculer un prorata. C’est une source classique d’erreurs.

Enfin, la régularisation annuelle est souvent mal comprise. Le locataire verse chaque mois une provision, mais ce n’est qu’une avance. Le bailleur doit ensuite arrêter le compte réel, justificatifs à l’appui, et restituer le trop-perçu ou réclamer le complément. S’il ne le fait pas, le locataire peut exiger la régularisation et, le cas échéant, le remboursement des sommes trop versées.

Exemple concret. Un locataire paie 120 € de provisions par mois, soit 1 440 € par an. Le relevé du syndic montre que les charges récupérables de l’année s’élèvent à 980 €. Le bailleur doit restituer 460 €. S’il a intégré dans son calcul 300 € de frais de syndic et 200 € de fonds de travaux, le locataire est en droit de contester : ces sommes ne sont pas récupérables.

Exceptions selon le bail, la date et le lieu

Checklist : vérifier un décompte de charges de copropriété

Actions possibles

Pour le locataire :

  1. Demander au bailleur le décompte de régularisation avec les justificatifs. La demande peut être faite à tout moment, même en cours de bail.
  2. Si le bailleur ne répond pas ou refuse, adresser une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception.
  3. Si le désaccord persiste, saisir la commission départementale de conciliation (gratuite) ou le juge des contentieux de la protection.
  4. En cas de trop-perçu avéré, exiger le remboursement. Le bailleur ne peut pas compenser d’office avec le loyer sans accord.

Pour le bailleur :

  1. Tenir un tableau de suivi des provisions et des charges récupérables par locataire.
  2. À chaque appel de fonds du syndic, isoler les lignes récupérables et les lignes non récupérables.
  3. Régulariser chaque année dans les délais, justificatifs à l’appui.
  4. Conserver les relevés du syndic et les factures pendant au moins 3 ans (délai de prescription de l’action en paiement des charges).

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FAQ

Le bailleur peut-il réclamer les frais de syndic au locataire ? Non. Les frais de syndic sont des frais de gestion de la copropriété, pas des charges récupérables. Ils restent à la charge du bailleur.

Le fonds de travaux est-il récupérable sur le locataire ? Non. Le fonds de travaux prévu par la loi ALUR sert à financer des travaux futurs. Il n’est pas récupérable, même si le bail contient une clause en ce sens.

Le locataire doit-il payer les charges de copropriété pendant les périodes où il n’occupe pas le logement ? Oui, tant que le bail est en cours. Les charges récupérables sont dues dès lors que le logement est à sa disposition, même s’il est absent.

Comment contester un décompte de charges ? Par écrit, en listant les lignes contestées et en demandant les justificatifs. Si le bailleur ne répond pas, saisir la commission de conciliation ou le juge.

Le bailleur peut-il augmenter les provisions en cours de bail ? Oui, si l’augmentation est justifiée par l’évolution réelle des charges. Mais il doit pouvoir le prouver. Une augmentation excessive peut être contestée.

Sources

Information juridique

Les informations présentées sur cette page sont fournies à titre informatif et sont fondées sur les textes et sources disponibles au moment de sa publication ou de sa dernière mise à jour. La législation, la réglementation et la jurisprudence peuvent évoluer à tout moment. Les résultats et explications proposés par bail.immo ne constituent pas un conseil juridique et ne remplacent pas l’avis d’un avocat ou d’un autre professionnel du droit compétent.